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Sin City Rpg
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MessageSujet: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeDim 15 Aoû - 16:32

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Syd Barrett
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeDim 20 Fév - 17:30

Il pleut sur la ville. C'en est à se demander si ces hallebardes cesseront de nous noyer un jour. Elles déferlent et lacèrent les silhouettes des dealers et autres citoyens lambdas qui errent dans les rues, mêmes aux heures les plus avancées de la mâtinée, comme de la nuit..Tant et si bien que les deux semblent se confondre et que météo et saisons se suivent, se ressemblent et éreintent la lie de la société qui semble s'être massée dans cette ville. Une journée normale s'il en est à Basin. J'ai emprunté un taxi vétuste depuis la banlieue où Francis m'héberge. Ce salopard d'Irlandais ne semble être qu'une brute sans cervelle, mais c'est la valeur la plus sûre pour moi dans le coin. Je l'ai engagé comme videur au Kadie's car il dénote un peu par rapport à ses congénères gros bras : il sait aligner des mots et faire des phrases cohérentes avant et après avoir viré un mec. Sans compter qu'il faisait partie de l'IRA dans sa prime jeunesse. Je ne lui ai pas encore dit que j'avais des origines écossaises.
L'asiatique qui m'amène semble avoir empester son taxi avec du concentré de nicotine, façon vieux cigarillos bon marché, tout ça mêlé à l'odeur de nuoc-mâm : on se croirait en plein Vietnam. Il me connait, c'est celui que je prends tous les jours, je n'ai presque plus besoin de lui dire où m'amener.
Les bons vieux néons flamboyants de l'enseigne crachotent toujours sur le même rythme. Je sors, laisse quelques billets sur la banquette et claque la portière. Mes pas flattent l'asphalte inondée d'eau, de sang et d'autres substances corporelles qu'un corps en décomposition peut produire. Évidemment, Francis est toujours là, sa mine patibulaire montée sur un corps aussi grand que large, ceint dans un costume entièrement noir. Il n'y a que lui et moi pour affronter les hordes de poivrots qui envahissent l'établissement dès que mon pas retentit sur le bois pourri du sol et ça me convient très bien : si j'avais voulu m'enticher de merdeux, j'aurais postulé chez les flics.
Oh, bien sûr, il y a les serveuses et les danseuses qui travaillent aussi à merveille : les premières servent les client, les secondes s'assurent qu'ils en redemande et à tous les niveaux. Mais, au bar, il n'y a que moi, j'ai fait en sorte que les filles s'occupent principalement des tables : simple stratégie, car si les serveuses s'occupent des tables, les plus lubriques les suivent et, assis confortablement dans des fauteuils, ils en oublient le quotidien et l'heure tourne au même titre que les consommations. La nature humaine n'est pas difficile à comprendre et cette expérience me sert pour la majorité des piliers qui échouent dans mon bar. Boire et oublier, oublier de boire et se resservir. Rapidement, je fais un tour dans les vestiaires, déposes mon manteau et fourre les quelques billets dans mon jean. Avant de faire signe à ce bon vieux Irish Francis de pivoter la pancarte sur « ouvert » je m'autorise un café. Et c'est parti.
Tous les jours, c'est la même chose, à tel point que j'ai parfois l'impression de travailler à la chaîne. Les mêmes têtes rougies me haranguent pour un verre de whiskey, une bière, parfois les deux à la fois pour les plus téméraires, mais surtout les plus anciens. Pourtant il ne me semble pas avoir un jour eu une conversation un tant soit peu intéressante avec l'un d'eux, les quelques mots échangés se limitent souvent à des noms d'alcools et des sommes d'argents que ces doux seigneurs me doivent. C'est drôle, ces habitués ont toujours l'impression de débarquer dans leur propre rade, posent leurs affaires n'importe où, sont persuadés que l'enseigne du Kadie's flambe dans la nuit pour leurs mirettes. Y'a qu'à voir tous les soit disant gangster que j'ai vu ici, pénétrer dans mon bar comme s'il s'agissait de leur QG, souvent suivi de flics en civils. La vérité c'est que cet endroit doit rester neutre, pour que je puisse en faire autant. S'il advenait qu'un jour mon établissement serve de planque, beaucoup de monde se trouverait lésé.
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James Dillinger
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeJeu 24 Fév - 0:03

Si un jour le soleil se lève sur Basin et que le vent en chasse les nuages pour irradier une lumière claire sur la ville, c'est qu'il sera l'heure de déménager de rade. Mais ce jour ne semble pas là, et à bien y réfléchir, c'est pas plus mal. La flotte inonde la ville. La pluie lave tout, c'est ce que disait la vieille, au pays. C'est peut-être pour ça qu'il pleut sans cesse sur cette fosse aux enfers.

J'arrive devant le Kadie's à l'instant où le gorille retourne la pancarte. Le rade ouvre, et il se trouve que j'ai soif. Peut-être que c'est vrai, que tout est inscrit à l'avance dans les rouleaux du ciel. Peut-être que c'est rien de plus qu'une coïncidence. Peut-être que c'est aucun des deux. Peut-être que je pense trop. Le gorille m'ouvre la porte et me fusille à peine du regard. Il serait presque poli. J'avance tranquillement dans le bar vide, et me pose au comptoir. Ça fait bizarre de se retrouver comme ça, seul client du fameux Kadie's. Les danseuses pour moi tout seul, les serveuses pour moi tout seul, ça doit être à la base des fantasmes de pas mal des piliers du coin. Mais ça change pas grand chose. Seul dans un bar, ou au coeur de la foule, ça change rien. On reste seul.

Le type derrière le bar tarde pas à se poser devant moi. Pas très étonnant, c'est pas comme s'il était occupé ailleurs. À vrai dire, j'ai pas la moindre idée de ce que j'ai envie de m'envoyer dans le gosier. Allons y au hasard.


- Whisky sec.
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Cassandra Lane
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeJeu 24 Fév - 0:43

Il n'y a qu'un seul endroit dans cette ville où tout le monde peut se retrouver sans risquer de se prendre une bastos dans le bide. Enfin, en théorie. Genre si tu respectes les règles et que tu respectes l'endroit. Mais tout le monde respecte l'endroit. C'est le saint Graal. Les gens seraient complètement décalqués du bulbe si l'un de nous se risquaient à tenter quoique ce soit. Parce que, mine de rien, cet empaffé de barman là, celui qui gère le kadie's, ba, il tolérait pas. Même si j'avoue, l'envie d'y griffer sa patte, ça démange.
Il fait nuit. Temps pourri. Rien ne change à Sin City. Les gens se rencontrent tous au même endroit, pour une même passion. La picole. Parce qu'ici, c'est un moteur et une tradition. Et depuis que je vis dans cette ville, c'est à dire, depuis toujours, y a pas une journée ou j'ai pas posé mon p'tit cul sur un siège du kadie's. Y'a la marque de mes fesses sur chaque siège, uais. Les gens ont cru que je m'étais calmée. Que Cassandra Lane avait déserté de ce corps minable. Parce que oui, il reste plus grand chose de Cassandra. Un corps frêle, de multiples cicatrices, des scarifications. On pourrait presque croire que j'ai fais la guerre. Non sans dec', on s'en bat les steak. J'disais donc, qu'il faisait nuit, que le temps était pourri et que j'avais une sale gueule ce soir. La gueule des journées difficiles, des nuits trop longues à crever, des nuits qui vont pas, des nuits où je sens que je vais me prendre la tête parce que qu'importe ce qu'on me dira, je le prendrais peut-être mal. Ah le kadie's, j'irais les yeux fermés tellement je connais le chemin par coeur. L'odeur, les effluves qui émanent de ce bar, ca vous attire comme un aimant, comme un amant. C'est fou la populace qu'on y trouve. N'importe quoi là dedans...
Je pénètre dans le bar. Mes cheveux coiffés de façon sauvages ruissellent d'eau de pluie sur le parquet du kadie's. Un frisson me traverse l'échine, non j'ai pas froid, c'est limite un regain d'énergie. Je m'avance vers le comptoir, des habitués sont déjà là. Personne ne perd de temps dès l'ouverture. Pas étonnant. Je pose mon illustre postérieur, moulé dans un blue jean, sur un tabouret tout en enlevant mon imper que je jette sur le siège vide à ma gauche.


Une double vodka ...

Une de mes mains se glisse dans la poche de mon jean pour en tirer mon paquet de clopes, quasi vide et trempé... On apercevra un bandage rougeoyant autour de ma main gauche, assez mal fait d'ailleurs. Ma main valide porte une cigarette entre mes lèvres, alors que la flamme du zippo illumine mon visage quelque peu sombre...

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Syd Barrett
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeJeu 24 Fév - 1:23

Les premiers clients arrivent et non des moindres. Si j'ai rarement du mal à reconnaître un visage, ceux qui entrent dans le peloton de tête sont loin de m'être inconnu, c'est tout à fait le contraire. Francis ouvre la porte à Dillinger, trempé. C'est assez rare de ne rien voir d'autres que les têtes des poivrots habitués dès l'ouverture du bar et je ne suis pas au bout de mes surprises.
Dillinger se pose sur un tabouret, à quelques mètres de moi., fixe le zinc et me lance sa commande à la figure, d'une manière presque automatique. Un whisky sec pour monsieur. J'extirpe la bouteille de l'étagère derrière ma tête et pose un verre devant lui, puis y verse l'alcool malté. A la vôtre.
Le temps de servir quelques autres clients moins prestigieux, plus anonymes et une autre tête connue arrive. Des fesses moulées dans un jean qu'elle vient poser au bar, mademoiselle Lane débarque, reine déchu de Basin, au moins aux dernières nouvelles. Pourtant personne ne la quitte du regard jusqu'à ce qu'elle pose son imperméable à côté d'elle. Je sais quoi lui offrir, elle commande quasiment tout le temps la même chose. Aussi lorsqu'elle ouvre la bouche, son verre a déjà atterri, avec la bouteille que je lui laisse.
Quelque chose cloche cependant.


- Bonne soirée mademoiselle Lane ?
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeJeu 24 Fév - 19:45

Le barman tarde à me servir. C'est quand même étrange, c'est pas comme si le rade était bondé. Merde, je suis le seul client. Et puis la porte s'ouvre, et de nouvelles âmes passent le pas. Ça commence à se remplir, peu à peu. Quelques habitués, aux tronches abimées par la misère, et à la peau tranchée par l'alcool. Mon verre est enfin posé devant moi, et je le vide d'une traite avant de lever le doigt pour recevoir la même chose. On change pas une équipe qui gagne. L'alcool glisse lentement dans ma gorge et me brûle les poumons. Le grain de malt irlandais, ça réveillerait un cadavre en tirant son âme du fin fond des enfers. Le genre de truc qui met bien et place la nuit sous les meilleures auspices.

Et puis une tête familière se pointe, et son cul de rêve se pose sur la chaise qui m'est voisine. Mon compagnon de bar, ce soir, sera la femme qui aurait pu, il fut un temps, s'approprier la ville, mais qui lui a préféré l'alcool et la dope. Cassandra Lane. J'ai jamais vraiment parlé avec elle. Vraiment ou pas vraiment, de près ou de loin, finalement, c'est la même chose. J'ai jamais adressé le moindre mot à ce brin de femme. Elle sort une clope et l'allume en même temps que le reste de la salle. Suffit de voir, au cliquetis de son zippo, même les types qui s'étaient déjà posé au pied de la scène, le nez dans les formes des danseuses, en ont décroché les yeux pour les poser sur Lane, et baver un peu. Mais c'est pas mon problème.

Reste que de la voir enflammer la pointe de sa clope, ça me file une de ces envies de fumer... Je tire un paquet d'allumettes du bocal sur le billard et tâte mes poches. Vides. Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? J'ai pas souvenir d'avoir grillé ma dernière cigarette. J'ai pas souvenir de grand chose, à vrai dire. Je saurais vraiment pas dire ce que j'ai fait la nuit passée. Ni celle d'avant. Ni aujourd'hui. J'ai pas d'autre souvenir que moi poussant la porte de ce bar. C'est une image, en fait, parce qu'à vrai dire, même ça c'est pas moi qui l'ai fait. Le gorille de videur s'en est chargé pour moi. Je dois avouer que j'aurais sûrement été incapable de le faire moi-même. Je suis pas une loque, loin de là, mais y a des soirs comme ça où le monde pourrait m'être offert, posé là, juste au bout de mon nez, j'aurais la flemme de tendre la main. Putain de merde. Il me faut une clope.
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeJeu 24 Fév - 22:54

Ca bourdonne autour de moi. La musique, le bruit des verres qu'on cogne, qu'on brise, le claquement des zippo, des rires à gorge déployée, des types dehors qui râlent parce que le videur veut pas les laisser entrer. 'Fin bref. C'est le kadie's. L'patron connait bien mes habitudes, à peine j'avais ouvert la bouche pour passer ma commande que ma vodka était déjà devant moi, et avec le bouteille s'il vous plaît. Pitoyable. Je tire comme une malade sur ma clope avant d'vider ce verre d'une traite, mais je prendrais le temps de me resservir un peu plus tard, j'ai mal à la main pour le moment. Et bordel Syd qu'est-ce que tu viens me parler ? Je lève la tête, légèrement, la clope au bec, le regard un peu tueur du style "laisse moi tranquille, je te paie pour boire par pour faire la causette".

"Ta gueule."

Mais ouais, très mauvaise soirée. Et puis je pivote sur mon siège, j'ai même pas prit le temps de regarder qui avait ramener ses fesses au kadie's ce soir. D'un côté j'en ai strictement rien à foutre, mais sait-on jamais, une tête connue peut s'y trouver. Enfin, depuis le temps que je suis ici, je connais presque tout le monde, de très près, de près, de loin et de très loin. Rien que d'y penser ca m'arrache un léger sourire. La salle est pas trop pleine finalement, le comptoir est plus intéressant. Enfin, si on veut. Mon voisin, déjà aperçu de loin, charmant et avec une bonne tête de killer. Il reste 3 clopes dans mon paquet, j'ai presque pitié de le voir galérer comme ça, avec ma main bandée je le fais glisser dans sa direction, le geste m'arrache une douleur dans les phalanges, uais ca se peut que ce soit cassé là dedans. Je me ressers un verre de vodka, ca anesthésie... Et finis ma clope tranquillement.

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Boris Kowalski

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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeJeu 24 Fév - 23:17

Le Kaddie's ; c'est la première chose qu'on lui avait dit - et avec une quasi-sacralisation qui plus est. Rien à voir avec un rendez-vous de famille, l'oncle ne donnait plus de nouvelles depuis un certain temps. En fait, depuis une semaine avant le départ en avion. Il avait dormit comme un bébé dans ce grand oiseau. Arrivé à l'aéroport, il avait eu quelques conversations avec des gens du coin. Boris ne s'attendait pas à ce qu'ils fassent tous les gros yeux lorsqu'il prononçait le nom de Basin, mais ce qui l'interpella encore plus était ce qu'avait dit le chauffeur de taxis en le laissant pas trop loin du centre ville : "Bonne chance pour pas vous faire bouffer par Sin City." Qu'est ce que ça pouvait bien vouloir dire ? Toujours est-il que cet ancien de la ville avec qui il avait discuté en attendant que le service de douane américain en ai fini avec ses questionnaires à la con et ses recherches dans les dossiers d'interpol (ils avaient encore de l'espoir c'était déjà ça) - un certain badaud du nom de Stan - lui avait fermement conseillé le Kaddie's. Boris s'y rendait donc comme au mur des lamentations. Il ne fut pas si dépaysé qu'il l'aurait cru mais les litres/minute qu'il se prenait sur la gueule lui souhaitaient on bon séjour au pays de l'oncle Sam façon coucou-ouvre-la-bouche. Il n'était pas du genre à se gâter pour quelque chose qui n'était même pas humain ; il n'était d'ailleurs pas du genre à sortir de ses gonds tout cour. Il fallait savoir ce qu'on faisait dans la vie. Et du moment où on le sait, on arrête de subir. Alors pourquoi s'emporter dans les passions si on sait déjà tout ?

C'est plus ou moins à l'abri sous un vieux parapluie qu'il arriva devant l'enseigne en se demandant ce qu'il pourrait bien foutre quand il y serait. Ce n'est pas grave ; de toute façon, une petite rincette ne lui ferait pas de mal et il fallait bien reprendre un peu de vigueur : les voyages en avion ça envois du flegme. Lorsqu'il passa, un molosse l'écrasa du regard. Il avait l'impression que les gens du coin n'étaient pas très polis, il espérait au moins qu'ils ne soient pas trop philistins en public comme cela arrive dans un certain nombre de bars. Il se contenta d'adresser un furtif bonjour et d'entrer. A l'intérieur, on pouvait encore compter de nombreuses places, mais les gens arrivaient en masse. C'est ainsi qu'on pouvait voir un drôle de bonhomme grisonnant, vêtu d'un costume d'une autre époque et avec toutes la placidité d'un gentleman du vieux continent, le regard d'une neutralité déconcertante se promenant des coins du plafond au comptoir où les places libres se comptaient sur les doigts de la main. Il s'y dirigea, le pas flottant, sans grâce ni gaucherie. Le parapluie suspendu à la barre d'accoudement, il commanda : Sodabi ou vodka monsieur s'il vous plaît. La syntaxe posé comme une brique dans du beurre, un accent plus marqué que l'esprit d'une catholique devant un porno mais le ton gracile et qui ne recelait aucune hostilité. Il regarda les clients et ne put s'empêcher de constater la diversité de ceux-ci puis il se rafraîchit l'esprit avec un petit regard vers les danseuses en constatant que la beauté était vraiment universelle et que les rapports qu'on entretenait avec les gens ne l'étaient pas forcément : à coups de billets là-bas, à coup de tout ici. Bon, bien sure qu'il n'avait pas mit que des coups de billets dans sa petite vie tranquille. On avait l'habitude de dire que s'il devait montrer sa gueule sous des lampes uv, il serait blanc comme la rondelle de Freddy Mercury. Après, c'était peut être un sport national ici qui sait. Mais Boris commençait à comprendre pourquoi on lui avait conseillé de venir ici : c'était le genre de panorama de la ville qu'on ne trouverait pas dans les offices de tourisme certes, mais il y avait là un topo sur ce qu'il devait savoir de prime abord. Place à la dégustation.
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeJeu 24 Fév - 23:33

Après leurs entrées respectives, la masse anonyme se déverse de plus en plus sur les planches du bar et la frénésie s'empare d'eux. Les commandes affluent, les verres sculptent le zinc en le martelant et le show des filles commence. Je fais signe à un serveur d'envoyer la musique. L'air commence à être envahi de fumer, de cris où les sonorités d'une bonne vieille country bien grasses percent de temps à autre.
Dillinger commande un verre aussitôt l'autre terminé, pour la peine lui aussi aura droit à son biberon puisque je lui laisse la bouteille. Ça sera plus cher, mais après tout il n'est pas obligé de la vider.
A la réponse de Cassandra, je commence à rire. La plupart des gens prendraient ça comme un rire nerveux et il y a sûrement une part de vérité : personne n'aime se faire insulter en public gratuitement. Mais là où cela perd de son intensité, c'est lorsque cette phrase est envoyée dans un rade où la moitié des clients avinés lancent ce genre de pique à tout va et que le dit client a effectivement l'air d'avoir passé une mauvaise journée. Un seul mot vient à l'esprit du spectateur de la scène, frustration. Au moins, j'ai la réponse. Comment en vouloir à Lane, l'ombre d'elle-même ? Elle est devenu ce que la plupart des gens ici sont, des pauvres diables perdus dans un des travers de cette ville. Je ne sais pas ce qui l'a fait tomber : la dope ? L'alcool ? Les deux en cocktails ..? Un homme ? Peut être que c'est ce mec dont on m'a souvent parlé, mais il est arrivé en ville avant moi et semble avoir disparu depuis. Vernon..quelque chose comme ça. Quoiqu'il en soit Lane n'est plus Lane.

Sa main mal soignée fait glisser un paquet de cigarettes vers Dillinger. Ce geste je l'ai souvent vu, annonciateur de nouveaux évènements dans cette ville.

Un évènement..comme un popov' tout droit sortie de sa toundra pour se faire plomber à Basin ? Peut être. Le client n'était pas du coin, c'était certain. Aucun pekin dans cette ville n'aurait eu l'idée saugrenue de saluer les gens du bar, même de la manière la plus discrète possible. C'est peut être pour ça que Francis lui jette un regard aussi suspicieux. Moi il m'amuse, j'espère qu'il restera assez longtemps en vie pour me faire gagner de l'argent, surtout si ce qu'on dit sur les russes est vrai quant à leur relation à l'alcool. Sans surprise, il commande une vodka, d'une manière très polie, ce qui n'arrive pas souvent dans le coin. Avec un sourire, je pose le verre devant lui et ouvre une nouvelle bouteille, mademoiselle Lane ayant déjà son litre avec elle. Je murmure un vague "tenez, à la vôtre" avant de repartir m'occuper du reste des clients. Un nouveau pingouin à Basin..c'est pas tous les jours hein Syd ?
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeVen 25 Fév - 0:11

J'ai à peine le temps de retirer mon doigt levé pour éviter de le retrouver écrasé sous la bouteille de Whisky que le barman claque sur le comptoir. Le genre de type qui doit aimer gagner du temps. C'est là que je réalise que, malgré le fait que je sois venu ici plus souvent que chez moi, j'ai encore jamais adressé le moindre mot direct à ce gars. À part les formules de politesse du genre "Whisky", ou "sec", etc. Alors je me dis qu'il serait peut-être temps de prendre les devants.

- Merci de l'attention.

Ça fera l'affaire. Bon, on va pas commencer à se rouler des pelles non plus ; ceci étant, c'est vrai que, malgré la forme, l'attention est sympathique. Et puis y a un truc qui s'approche de moi en rampant sur le comptoir. Un paquet de clope. Lane serait-elle, malgré les apparences, d'humeur joviale ? J'ouvre le paquet, il reste trois clopes. Putain, depuis quand Lane offre des clopes alors que son paquet est à moitié vide ? Ça colle pas avec le personnage, on m'aurait menti ? Peut-être que ce ne sont que des racontars de soulards. Peut-être que la véritable Cassandra n'est pas si chieuse. Mais le barman s'adresse à elle, et Lane le rembarre d'un "Ta gueule" des plus secs. Peut-être que non, en fait.
Je sourie en coin en entendant leur échange, et tandis que je place une clope entre mes lèvres, je tente ma chance. Après tout, quitte à être compagnon de comptoir, autant tenter un brin de causette.


- Merci.

Et puis, en faisant glisser son paquet jusqu'à elle, avant de sortir le paquet d'allumette de ma poche, je désigne rapidement d'un mouvement de menton son bandage dégueulasse.

- Qu'est-ce qui est arrivé à ta main ?

Je soulève le versant du paquet d'allumettes et j'en tire une. Magnifique, des tempêtes. Y a pas à dire, le tenancier de ce rade connaît son environnement. Mieux vaut fournir ses clients en tempêtes dans une ville comme Basin où la pluie est plus présente que le soleil. Tout ça me rappelle les Swan du pays. Je me demande si ces allumettes là aussi s'allument sur n'importe quoi. J'tente le coup en frottant la cire chimique contre mon jean, et l'allumette s'enflamme. Un croisement entre des Swan et des Tempêtes ? Et ben, voilà qui remonte le Kadie's encore un peu plus dans mon coeur, ou du moins dans cette pompe étrange qui agite le cambouis de mes veines.

Et puis, j'me dis tout à coup que tant qu'à poser une question, autant écouter la réponse, alors je retourne mon attention à Cassandra Lane tandis que l'allumette embrase la pointe de ma clope.
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Shawn Reilly
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeVen 25 Fév - 0:25

Mains dans les poches, tête rentrée dans les épaules, cheveux inondés par des torrents de pluie diluvienne, je m'avance le long d'une des artère principale de la ville. Je rase les murs et ne prête pas attention aux gens que je manque de bousculer à chaque pas, tout comme au vacarme quotidien du trafic ininterrompu aux heures de pointe. Pas la peine de lever la tête, ne serait-ce que pour s'assurer que l'abruti de chauffeur qui conduit ce taxi à tombeau ouvert m'a bien remarquer à deux doigts d'emprunter le passage piéton. Ce chemin, je le connais par cœur, du bas des escaliers de mon appart' jusqu'à l'entrée de ce pub dont la réputation, à Basin, n'est plus à faire. Il y a bien longtemps que j'ai cessé de compter le nombre de fois où je referme la porte du Kadie's derrière moi avec pour seule envie celle de vouloir me débarrasser d'une journée de travail supplémentaire que je peux aisément jeter à la rue avant de pénétrer dans l'enceinte de l'abandon; la rupture avec le monde externe. C'en est devenu un rituel. Une accoutumance ?

Aujourd'hui est différent. Je dois assimiler travail et plaisir. Deux notions très distinctes qui sonnent mal au creux de mes oreilles. Dans leur idéal, les gens exercent un métier qu'ils apprécient et leur procure une réelle motivation à se lever chaque matin avec en tête la perspective d'une bonne journée de travail qui s'annonce. Ils m'exacerbent ces gens-là. Moi je fais un métier que je qualifierais de chiant et dont je me passerais volontiers si j'avais pas un loyer à payer tous les mois. En plus, dans mon cas, c'est à moi d'aller dénicher des affaires et espérer qu'elle rapportent un minimum comparé au temps investi. Pire, je passe pour le fouille-merde de service la plupart du temps si bien que ma tête doit pas revenir à plus de la moitié des gens que je côtoie. Enfin bref.

J'passe la porte du Kadie's et il y a aussitôt cette odeur que je retrouve nulle part ailleurs et qui me fait tant aimer cet endroit pourtant malfamé au premier abord. Une demi-seconde pour que mes yeux s'habituent à regarder au travers du rideau de fumée qui obstrue l'entrée et je repère aussitôt le comptoir en bois massif. Ça va, y a pas trop de monde et surtout y a encore deux-trois tabourets de libres. Un homme et une femme côte-à-côte, ils semblent pas forcément se connaître. J'laisse un tabouret de libre entre eux et je leur prête à peine attention.
J'repère le barman et lui fait un p'tit signe de la main pour lui signaler ma présence au cas où il l'aurait pas encore remarquée. Depuis le temps, j'ai fait la connaissance de Syd, le nouveau tenancier. J'dois même avouer que mes visites se sont accrues depuis qu'il a reprit le tripot. C'est pas que j'apprécie forcément lui faire la causette mais j'aime bien l'ambiance nouvelle qu'il a apportée au Kadie's. Et lui aussi est loin d'être con: plutôt sympathique, discret, pas l'genre à t'emmerder pour rien, et il semble surtout avoir de la suite dans les idées. Il en faut pour tenir un truc comme le Kadie's et faire en sorte que ca marche.

Je crois qu'on se tutoie à présent, j'suis pas certain. Bref, j'lui passe commande d'une bière et, lorsqu'il revient avec ma mousseuse, j'lui demande tout-de-go:

Paul Lee, ça te dit quelque chose ?

Voilà la raison de ma visite. Autant ne pas y aller par quatre chemins. Paul Lee (sans doute un nom d'emprunt), 43 ans, type européen, retrouvé mort à son domicile au centre-ville, une balle enfoncée dans la cage thoracique. Les flics ont conclu à un accident après n'avoir retrouvé aucune autre empreinte sinon les siennes sur l'arme posée à ses côtés et ont classé l'affaire. Quelle bande de fumiers. Tout ça parce que ça leur faisait chier de s'occuper d'une affaire de plus qui les encombrait. Enfin, j'sais pas pourquoi je m'en indigne encore, c'est comme ça que ça fonctionne, ici à Basin.
C'est la voisine de pallier de Lee qui m'a appelé. Elle m'a dit être une amie proche que la mort de son voisin avait terriblement affectée et m'a aussi promis de me payer si j'arrivais à coincer celui qui avait fait ça. Autant dire que l'affaire ne m'intéressait pas spécialement mais j'suis plutôt à court d'argent ces temps-ci. J'me suis même autorisé à puiser dans le porte-monnaie du macchabée. Il servirait d'façon plus à rien. Et voilà que je me retrouve au Kadie's à questionner le barman au sujet d'un homme dont je sais juste de sa voisine qu'il était "d'humeur toujours joviale". Au même instant, j'suis en train de me demander si j'ai jamais raconté à Syd que je suis... une sorte de flic...

Je passe mes lèvres sur le rebord du verre et ingurgite ma première rasade de la journée en attendant que Syd me réponde quelque chose. Les deux d'à côté ont sûrement entendu mais n'ont pas l'air de s'y intéresser. Ou alors ont des raisons de ne pas s'y intéresser. Au même instant, je sens une présence sur ma droite. J'tourne la tête d'un quart de tour et j'me retrouve nez-à-nez avec un type barbu vêtu comme pour sortir à l'opéra. D'où il sort celui-là ? Il vient de s'asseoir ? Ou bien je l'avais pas vu en arrivant... J'lui adresse un bref signe de tête avant de retourner voir du côté de ma bière. Syd a toujours rien dit.
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeVen 25 Fév - 0:49

J'écrase le mégot de ma clope sur le comptoir, ranaf', le cendar est trop loin. Syd se marre et se barre. Mon voisin semble content de sa clope. Que demande le peuple. Ah oui, j'ai remarqué le nouveau bougre qui a fait son entrée dans ce bar. Bordel, il est vraiment pas d'ici lui. Je l'ai regardé du coin de l'oeil de la porte au comptoir. Je peux me tromper mais, là, je dis qu'il fera pas long feu. Ca existe pas ici les types comme lui, ca me fait limite marrer. Je me surprend même à le faire d'ailleurs. Bordel, il a un parapluie quoi, à Sin City. Des fois je crois halluciner. Cette ville redevient plus Basin que Sin, va falloir remédier à cela.
J'ai eu la main lourde pour mon troisième verre de vodka. Le liquide me brûle la gorge et je tire une grimace. Je finirais surement pas la bouteille, au pire Syd me l'emballera pour que je la ramène, uais il fera ca.

Je vois mon paquet de clopes revenir vers moi, gratifié d'un merci. Un leger signe de la main en direction de mon interlocuteur lui signifiant " pas de quoi". J'en attendais pas plus en fait, j'attendais rien du tout surtout, j'avais pensé que mon "ta gueule" au patron lui aurait fait perdre tout espoir de tenter de me soutirer deux mots. Mais non. Et, à y regarder de plus près... D'ailleurs... Je me contorsionne sur mon tabouret et regarde un peu plus en détail mon voisin. Grand, brun, austère, limite un peu froid dans le genre... Hmm, comment je me suis blessée à la main ? Bonne question, je suis pas tellement sûre de le savoir moi même en fait.


"C'est pour faire genre je me sens obligé de te tailler un brin de causette pour te remercier de m'avoir filé une clope alors que ton paquet est quasiment vide et que tu risques de péter un boulard ou bien tu t'intéresse un tant soit peu à ce qui ai pu arriver à ma main toute fragile ? ... Je souris. Un sourire assez crispé en fait. Je sais pas trop pourquoi, d'ailleurs. Et bien, j'en sais foutrement rien. J'ai passé une sale journée, je me souviens pas d'la moitié de ce que j'ai fais, j'me suis réveillée la main douloureuse et ensanglantée, je suppose que j'ai du me bastonner, passer la main à travers une vitre ou je ne sais quoi... Je le fixe d'un air dubatif, du style qu'est-ce qui me prend à presque me confier à un quasi inconnu ?

Oh mais la tête que j'aperçois là bas ne m'est pas inconnue elle. En voilà un qui revient foutre sa merde. On va se marrer. Je me rallume une clope. Plus qu'une. Amen.

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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeVen 25 Fév - 1:09

Je pourrais mal prendre sa réplique. Je pourrais bien la prendre. Je pourrais même juste la prendre, tout simplement. Mais à quoi bon. Ce serait comme lui faire remarquer que son bandage sert absolument à rien, vu la gueule dégueulasse de la construction. À quoi bon. La clope entre mes lèvres se consume d'elle même. C'est pas tout de gratter des clopes, autant en profiter un minimum. Alors je tire comme je peux sur la tige de mort, avant de relâcher les cendres de l'autre côté de la planche, d'un bref mouvement du coude. Le taulier est occupé à l'autre bout avec un privé dont le visage m'est familier sans que je puisse dire vraiment si je lui ai un jour adressé la parole, ou l'inverse. Tant mieux, y aura personne pour me taper sur les doigts. Et puis Cassandra évoque son absence de souvenir, et je met ça sur le compte de la gueule de bois. Putain, comme je la comprend. Y a des jours où tu cognes le bar, et des jours où c'est le bar qui te cognes. Alors je lève mon verre.

Aux jours sombres.

Et puis me vient une idée magnifique. Je chope le regard d'une serveuse et lui montre la fin de ma clope, avant de lever deux doigts. Elle saisi le message et me ramène deux paquets. J'en envoie un à la jeune fille qui m'accompagne. Simple retour des choses. Peut-être même que ça a à voir avec le karma. Peut-être que pas du tout. Peut-être que je réfléchis trop. J'ouvre mon paquet en tirant les dernières lattes de ma clope et j'en sors une que je place entre mes lèvres en même temps que j'y enlèves le mégot finissant. Je me sers de la braise qui se meurt pour allumer la nouvelle. Une sorte de chaîne alimentaire appliquée aux clopes. Ça colle plutôt bien avec le cadre. Je balance le mégot fumant derrière moi, il atterrit sur une table où un poivrot dors déjà le nez dans sa bière, et je m'en fous assez. Je range mon paquet dans ma poche et tend la main à Lane, parce que bien que je connaisse déjà son nom, c'est un peu le protocole. Pas la main qu'elle a de foutue, évidemment, je suis pas non plus complètement con.

- James Dillinger.
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeVen 25 Fév - 22:20

J'hoche légèrement la tête. Aux jours sombres hein ? Ca me va, alors je me ressers un verre de vodka, histoire qu'il trinque pas tout seule.
Il me donne enfin son nom tiens. Bien que j'aurais pu m'en passer. Ceci dit, c'est toujours bon de savoir à qui on a affaire. James Dillinger hein ? Peut-être que je connais ce nom. Peut-être pas. Dans l'immédiat, ça peut vaguement m'évoquer quelque chose. Mais dans l'immédiat, je m'en fiche un peu. Les effets de l'alcool commence légèrement à me faire tourner la tête, mais je sais, par expérience, qu'il m'en faudra encore un peu plus pour aller gerber ou ramper à quatre pattes. Ma main valide vient alors serrer la sienne, laissant au passage apercevoir un soupçon de sourire sur mes lèvres.


"Cassandra Lane, psychopathe en perdition."

Mais ça, tout le monde le sait... En théorie. Alors que James interpelle une serveuse pour je ne sais quoi, je laisse mes oreilles se balader dans la salle et plus particulièrement vers la discussion qui risque de s'entamer incessamment sous peu entre le privé et Syd. Sérieux, y'a vraiment qu'un type comme lui pour débarquer au kadie's et poser des questions au patron. Des questions de ce genre tout du moins. Mais venant de ce genre de type, c'est limite moitié moins choquant que le dandy assit à ses côtés. Y'a tellement de timbré ici que ce type pourrait être en fait un vieux bougre d'ici mais qui se donne un style ou pas. Fin bref... Puis je vois un paquet de clopes neuf arriver sous mes yeux. Je le fais glisser entre mes doigts.

"Fallait pas te sentir obligé... Néanmoins, j'apprécie le geste, merci.

Je garde un oeil rivé sur Syd, histoire de capter sa réaction

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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeSam 26 Fév - 0:18

Le bar avait sa petite ambiance pas désagréable et même si le country ne sonnait pas très beau à ses oreilles, il appréciait la populace qui semblait désespérée. Chez lui, les gens allaient dans les bars en bandes, entre amis, pour se retrouver ou pour trouver l'autre sexe et l'emporter ; populace copulasse. Ici les gens semblaient complètement perdus, à la recherche de quelque chose mais de quoi, ils ne devaient même pas le savoir. C'est comme si ce lieu était la contraction solipsiste de toute les frustration de la ville. Un vieux remugle de chiens sans odorat. Certains gros bras, ceux des chiens qui cherchaient à bouffer les autres pour marquer un territoire absurde, le regardaient avec un regard hautain et possesseur. Boris restait discret, peu envahisseur ; il n'avait pas envie de tuer quelqu'un à peine arrivé, pas avant de savoir lesquels étaient ceux qui ne lui serviraient à rien. Mais ici paraissait être un endroit bondé de client potentiels. Monsieur avait-il besoin d'une arme de qualité sans que l'on puisse remonter jusqu'à lui ? Monsieur chercherait-il une arme introuvable ? Monsieur n'était-il pas satisfait de l'équilibre de son calibre et désirait-il une meilleur balance ? Boris pouvait fournir, Boris était discret, Boris pouvait bricoler ; tellement de choses étaient possibles avec lui. Avec lui qui n'avait peut être pas le charisme commercial d'un marabout d'église mais qui, il fallait le dire, savait exploiter le moindre foutu atome de son environnement et si on lui en donnait assez pour son argent bordel de merde ce con vous fournissait un arsenal avec des rouleaux de PQ.

Un type à la touffe noir comme l'enfer se pointa comme une fleure et posa une question au barman, il était à la recherche de quelqu'un. Boris n'avait pas vraiment d'intérêt à écouter ça mais comme il l'avait toujours pensé : même le brin d'herbe sous la poubelle de la rue que tu croise tout les jours peut avoir sa place dans l'équation. Alors quand on arrive dans une nouvelle ville sans topo - un peu comme un cheveux sur la soupe - on est toujours en situation de tabula rasa et dans ces cas il ne faux pas faire de tri, il faut tout prendre et rester extrêmement prudent. La confiance en soi arrive avec le temps la confiance en autrui avec encore plus de temps ; un temps infini pour Basin, ce que Boris ne savait pas encore. Mais aucun risque pour lui qu'il confie son a.d.n. à des inconnus, qu'ils soient bien placés ou non ; on ne se confie jamais entre de bonnes mains pour la simple et bonne raison que les seules bonnes mains qui existent sont celles des infirmières sexy qui vous extirpent les balles du ventre pendant que vous chantez l'hymne nationale, la vodka plus abondante que le sang.

En parlant de désinfectant, il n'avait toujours pas touché à son verre. Trente secondes que le truc lui glacait la main et ses lèvres n'y avaient toujours pas eut droit ; reprends toi Boris, peut être le mal du pays qui peut savoir ? Il boit une gorgée pour déguster - parce que oui, les polonais savent aussi juger par le goût. Il regarde son verre avec la surprise du père de famille qui se brosse les dents avec de la mayonnaise un dimanche matin et boit une seconde gorgée. C'est pas vrai, ça a pourtant l'air d'un bar malfamé ; un peu plus et on lui aurait filé un grand cru de vin, et Boris détestait le vin. S'il avait été au bar de Dimitri il aurait tout de suite crié au scandale en invectivant qu'on ne fait pas passer pour de la vodka le truc liquide avec lequel les gens se lavent et que s'il avait pas de boisson digne de se nom, qu'il lui file du détergeant à chiottes ; la couleur - au moins - serait jolie. Mais il n'était pas chez lui. Et puis les traditions n'étaient peut être pas les mêmes. Bien qu'il soit tout de même au fait de la culture américaine, il savait que dans les commerces, les comportements des vendeurs avec leurs clients différaient d'un pays à l'autre, parfois moins. Le barman avait du croire qu'il était convalescent et qu'il ne valait mieux pas le faire claquer dans son rade. Bon, il n'avait pas la tête de toute fraîcheur mais quand même, il avait autant l'air d'un éclopé que la vierge Marie d'un fractal. Le mal du pays, ouai, c'est le mal du pays. Sans se défaire de sa prosaïque politesse de vieux slave, il interpella le barman :
Auriez vous une autre plus... vivante ? Comme Spyritus si vous avez. Boris n'avait pas voulut dire plus forte pour ne pas paraître insultant. Quel barman aimerait qu'un inconnu vienne et lui dise qu'il refilait du jus de cerise à ses clients ? Dans ce cas, autant lui chier directement dans la bouche. En attendant d'être servit, il sortit une cigarette de son étui ; souvenir de service militaire, jolie vieillerie. Une petite dégustation de poudreuse locale ne lui aurait pas fait de mal non plus ; aussi se mit-il à observer les gens susceptibles d'en avoir. En fait, beaucoup étaient susceptibles d'en avoir et la plupart en avaient certainement. Mais il n'en commanderait pas ce soir, en tout cas pas si on ne le tentait pas. Et puis au train où on était partit, il s'attendrait à ce qu'on lui refile du sucre glace ; et planer over the rainbow aux côtés de licornes panchromatiques ne lui disait pas grand chose. Alors il fit ce pour quoi tout le monde était doué : attendre son verre le cul sur le cuire.
S'il le barman ne lui servirait pas son verre dans les trois minutes qui suivent, il irait directement boire de l'anti-gèle.
Cette ville commençait à avoir une jolie petite frimousse.
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Syd Barrett
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeSam 26 Fév - 16:22

Le rade tourne, à plein régime ce soir. En réalité, avoir le monopole de la fermeture tardive provoque cette réaction quasiment tous les soirs, mais celui-ci en est un autrement plus intéressant. Ce n'est pas l'atmosphère remplit de tabac, de sueur et d'alcool qui diffère, car en réalité, tout est en ordre. Non, c'est un frisson infime, le genre de pic électrique que je suis le seul à percevoir tellement j'ai l'habitude de mon établissement. Apparemment les clients sont tous quasiment satisfaits, aucun ne m'interpelle, j'ai quelques minutes de répit, tout au plus avant qu'un poivrot ne termine son verre et ne m'en demande un autre. Un moment parfait pour allumer une clope. Je me retourne, dos à la clientèle, personne n'est assez fou pour tenter de partir sans payer et tant mieux. J'avais posé mon paquet de cigarettes quelques minutes plus tôt, merde. Encore cette radasse de serveuse qui s'est fait jeter d'Old Town. J'apprécie pas plus que ça de me faire voler, encore moins mes clopes. Elle a beau avoir un cul à en faire bander un prêtre - et ceux de Basin savent de quoi je parle - ce soir elle pourra retourner dormir au lupanar et qu'elle s'estime heureuse que je ne lui colle pas mon poing dans sa jolie frimousse, faudrait pas qu'elle ait du mal avec la clientèle la pauvre. Du coup je sors un nouveau paquet et m'en carre une dans le bec. Au même moment j'aperçois du coin de l'oeil une tignasse sombre qui entre et se pose au bar. Shawn Reilly. Pour certains un fouille merde de pacotille, pour ma part c'est un client sympathique à qui je file un coup de main lorsque je peux, sans me tremper pour autant. Il a beau avoir ce foutu accent Irish travaillé au whiskey, ce type ne m'a jamais posé de problèmes et a toujours été droit. Je sens déjà les regards de Lane et du Popov qui me transpercent lorsque je m'approche de Reilly pour lui servir sa bière.
Paul Lee ? Ça m'évoque vaguement quelque chose, oui, mais le devoir m'appelle. Je le quitte rapidement avec un furtif geste de main et me dirige vers le Popov. Quelque chose de plus vivant ..? On a rarement été si diplomate avec moi. Je déteste qu'on me dise que ma marchandise est de la pisse à peine fermentée, mais ce vieux a le mérite d'être plein de tact. Heureusement moi aussi :

- Oh, je vois, monsieur est un connaisseur. Vous savez, si elle est si peu forte c'est bien à cause du transport et du climat du coin, rien à voir avec la marchandise et sa qualité. La plupart des gens ici s'en contentent et c'est sûrement parce qu'il n'ont pas l'expérience, mais..

Tout en parlant, je me penche vers un petit frigo, le genre modèle réduit qui contient deux bouteilles tout au plus. Mais quelles bouteilles. Deux "Spirytus rektyfikowany", le genre de chose que je ne pensais pas servir un jour, même à Basin. A l'époque, lorsque j'ai découvert ce genre d'alcool rectifiés, je bossais pas mal pour des cartels slovaques et polonais qui partageaient certains intérêt avec mes anciens employeurs. Mais se procurer ce genre de chose est assez difficile dans certains pays alors j'en ai toujours une ou deux bouteilles, pas plus, vu le prix de l'importation. Je relève la tête avec un sourire et extirpe la bouteille que je pose devant monsieur Spirytus.

- ..j'ai toujours des choses qui conviennent à mes clients. Na zdorovie, excusez si ma prononciation n'est pas très bonne.

Voilà Syd, gère ta clientèle avant qu'elle ne redécore tout ici. Le premier qui m'a fait des réflexions était Shawn, sur la Guiness notamment. Toujours une question de transport et de conditionnement.
Bon, retour à Paul Lee.

- Excuse-moi, on en était où..? Ah ouais, Paul Lee..Pourquoi il te doit du fric ?


Dernière édition par Syd Barrett le Sam 26 Fév - 21:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeSam 26 Fév - 19:03

J'attends toujours la réponse de Syd, mais semblerait que le costard-cravate sur ma droite ait le goût un peu trop avisé pour apprécier la vodka servie au Kadie's. A en entendre son accent, ça se comprend. J'imagine que ça doit pas être facile pour un type des pays de l'Est d'ingurgiter ce sur quoi les grossistes du coin osent poser une étiquette avec la prétention de faire passer ça pour de la pure vodka d'origine polonaise. Suffit pas d'un bison et trois pousses d'herbes sur une étiquette de Zubrowka pour lui changer le goût amer de distillation d'usine du continent. Heureusement que Syd sait chouchouter ses clients puisqu'il décoche de sous le zinc une bouteille dont je ne connaissais l'existence ni d'Adam, ni d'Ève. Tant mieux. J'hésite à lui demander en souriant s'il a pas la même version Guiness mais j'me ravise... J'aime pas évoquer mes origines européennes.

Je jette un coup d'oeil à ma droite vers le couple visiblement occupé à faire connaissance. Ils ne nous prête pas la moindre attention, quoique j'ai l'impression qu'ils ont l'oreille tendue, prêts à capter la plus p'tite bribe de conversation que j'échange avec Syd si par hasard elle pouvait leur être d'une quelconque utilité. J'ai pas fait attention en rentrant, mais j'crois bien que la noiraude m'a fusillé du regard au moment où j'ai passé la porte du Kadie's. Ce serait pas la première. Mais son visage me dit pas grand chose, je crois pas avoir déjà été confronté à elle, du moins j'me souviens pas. Pas grave. J'me retourne du côté de mon chic voisin et décide de lui adresser la parole, histoire de pas trop attirer l'attention en restant renfermé sur moi-même à rien dire.

Je sais ce que ça fait de devoir ingurgiter un truc dans l'genre qui passe pas bien dans l'gosier quand on est habitué à... un certain standard dira-t-on. Cheers !

J'lève ma bière dans sa direction. J'attends pas forcément de réponse de sa part. Néanmoins, ce type m'a déjà l'air plus avenant que les deux d'à côté, même si ça se voit pas forcément tout de suite sur son visage. Quant à Syd, il a certainement compris mon allusion à la Guiness, pas besoin de lui jeter un regard complice. J'lui en ai jamais voulu d'ailleurs. Bon pis alors... T'as de l'info ?

S'il me doit du fric ? Absolument pas. Personne ne me doit rien en général et moi non plus, c'est comme ça que je fonctionne. Disons que si t'avais l'habitude d'entendre ce nom au Kadie's, ça aurait pu m'arranger la tâche. Ou au moins une personne de contact qui saurait plus m'en dire... Ton videur là, il demande parfois des noms ? Ca lui parle peut-être ça, Paul Lee. Noiraud, barbu, la quarantaine, plutôt mince.

J'hésite. J'ai pas vraiment envie de dire à Syd que j'fais partie de la flicaille même si c'est pas vraiment le cas. J'espère qu'il va au moins le comprendre implicitement sans pour autant faire part de ses réflexions à haute voix.
Et merde, voilà que la fumée qui m'assaillit de gauche comme de droite me prend au nez et j'sens le besoin de nicotine imminent. Je m'étais pourtant dit que j'allais me calmer de ce côté là. Rien à faire. J'extirpe mon zippo et le paquet de clopes qui va avec. C'est pas manque d'avoir essayé pourtant...

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James Dillinger
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeSam 26 Fév - 20:18

Le barman s'est fait la malle pour taper la causette avec un type qui pourrait être suspect si je m'y intéressait un minimum. Voilà qui explique son geste et prouve sa connaissance du métier. Quand un soulard rapplique, lui laisser la bouteille permet d'être tranquille et d'avoir du temps libre. D'autre part, ça l'incite à boire, ce qui est toujours un plus niveau addition. J'entend un nom en passant, Paul Lee, mais j'ai pas franchement écouté le reste de la conversation, donc je sais pas vraiment si Paul Lee, c'est le type suspect, ou si ces deux là ne font que l'évoquer. Vu comme ils se comportent l'un avec l'autre, ils doivent se connaître. J'en déduis qu'il ne font que parler de ce type. Putain, c'est tout moi. Je m'intéresse à des sujets résolument sans intérêt, je fais preuve d'esprit, puis je décroche avant que ça devienne intéressant. Un parfait petit flic.

Revenons en à Cassandra Lane. Elle répond à ma main tendue en y collant la sienne, se présente à son tour et se flanque d'un sourire. Putain, Cassandra Lane qui me sourit. Qu'elle me sourit, c'est pas de grande importance. Mais qu'elle sourit, ça, c'est une première. J'aurais bien mis ça sur le compte de l'alcool, mais le niveau de sa bouteille a pas vraiment baissé, et les gars d'ici tiennent plutôt bien la vodka, deux verres auraient pas suffit à lui faire perdre la boule. Et c'est là que je comprend. Cassandra Lane n'a pas besoin d'alcool pour perdre la boule. Chez elle, c'est naturel.

Elle parcourt la salle du regard, et son attention, après s'être un instant paumée du côté du tenancier, semble être attirée par un type étrange. Mon regard se joint au sien sur cette dégaine sans pareil. Un vieillard avec vrai accent et fausse politesse. J'étais pourtant sûr que des comme ça, on en faisait plus depuis la fin de la guerre de sécession. Faut croire que si. Faut croire, surtout, que j'ai tendance à penser qu'ici ou ailleurs, c'est pareil. Mais non. Les étrangers se comportent pas de la même manière que la gente de Basin. Étranger, ouais, ce type pue l'étranger. C'est pas son accent, ni même ses politesses à vrai dire, parce que même quand il ferme sa gueule, il répand cette odeur gerbante d'étranger. C'est son regard. Il reflète mille tourments de la vie. Ce type là s'en est mangé plein la gueule, et il a enduré ça comme un gars. Seulement voilà, il manque un élément clé dans son regard, et tant qu'il l'aura pas, il restera étranger à Basin. Il manque le trou noir du désespoir, qui aspire toute vie hors de l'iris et se plaît à la remplacer par la poudre et l'alcool. Reste que, étranger ou non, ce type là ne me sera d'aucune utilité ce soir, pas plus qu'il ne me causera de problème. Et puis j'en oublierais presque la compagnie qui m'est faite. C'est pas des manières d'oublier la compagnie qui nous est faite, d'autant plus quand il s'agit de la fille la plus bandante de la ville. J'irais pas jusqu'à y inclure les gazelles de la Vieille Ville, et je dois admettre avoir encore jamais foutu les pieds au commissariat, donc okay, je peux pas vraiment dire. Mais je connais un peu Basin, et je connais un peu ses habitants, et je peux dire que de ce que j'en connais, et de ce que j'y ai vu, ce qu'il m'est ce soir permis d'admirer vaut bien plus le détour que n'importe quelle gamine qui foule le pavé du centre. Mais je bloque sur une partie de sa réponse.


- Perdition. Pourquoi ?

J'espère qu'elle fera pas la connerie de répondre à côté, j'ai horreur de ça, presque autant que des gens qui me racontent leur vie. C'est plutôt ironique, je lui demande des explications en sachant qu'elle risque de me raconter ses malheurs, et que ça risque de me faire chier au plus haut point. Seulement, va savoir pourquoi, y a cette étincelle dans l'air qui me laisse entendre que Lane n'est pas du genre à s'entendre parler. Tout ce que je veux savoir, c'est pourquoi elle se complait dans sa perdition. Pourquoi elle se bouge pas le cul et tente pas de récupérer son statut.
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeSam 26 Fév - 22:09

Je n'ai rien de particulier contre les flics car après tout ils ne sont pas censé être tenu au courant de mon passé. Si j'ai bien fait les choses, les seuls trace qu'il reste de moi ne sont même pas dans cette ville. Je dois pourtant avouer que l'attitude de Shawn m'inquiète. Non pas que je me sente en danger, puisque de fait je ne suis pas Paul Lee, mais avoir un flic dans son entourage est toujours quelque chose de pesant pour un ancien tueur à gage. Faudrait que je me renseigne sur lui maintenant.
Je convoque Francis quelques brèves secondes et m'approche de lui pour qu'il m'entende sans que j'ai à crier.

- Paul Lee ça te dit quelque chose ? Il a oublier de payer une partie de son ardoise.

Sa tête tourne sur son cou massif dans un signe de dénie, une moue désolée s'affiche quelques secondes sur son visage. Dans un soupir je lui fait signe de s'en aller regagner la porte. Quant à moi, même si je demande rarement leurs noms aux clients, je dois avouer que ce Paul Lee ne m'évoque rien du tout de concret, au mieux une slihouette et des consommations. La description que m'en fait Reilly est à peu près celle qu'on pourrait faire de la moitié de la salle. A part peut-être Raspoutine, Lane et Dillinger, mon triptyque atypique de la soirée.

- Et pourquoi tu le cherches ce bon vieux Polly ? Je dois t'avouer que il ne me dit rien du tout et tu as vu la tête de mon videur, il n'en sait pas plus. Alors soit ton ami n'a jamais mis les pieds au Kadie's, soit il y a mis les pieds, mais sous une autre identité, si tant est que je lui ai demandé son nom. Un nom d'emprunt, j'en sais rien, mais bref, j'en sais pas plus que toi. Deux minutes..

Le retour des clients. Je récupère cette clope que j'avais posée sur le côté puis tire brièvement dessus avant de saisir deux pintes vides et d'abaisser d'une main la pression. J'incline la première pinte et la redresse pour terminer à la mousse, même tarif pour la seconde. A mesure que la bière coule, moi je regarde Lane et Dillinger. Il questionne la loque la plus dangereuse de la ville..ou alors l'inverse et elle sourit. Putain, un sourire sur le visage de Lane c'est comme si un mafieux allait tringler une pute dans le bureau du parrain local, improbable et pourtant. Comme quoi Cunningham devrait surveiller ses sièges.

- Et à part ici, t'as essayé de demander au commissariat ..?
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeSam 26 Fév - 23:41

Je sais que c'est pas super poli de fixer les gens sans aucune raison. Et c'est encore moins poli que de les écouter parler... Mais je suis pas une fille polie. Alors rien à foutre. Même si je m'en fou de ce Paul Lee, oui j'ai néanmoins réussit à savoir de quoi ils parlaient ces deux zouaves, faut dire qu'ils sont juste à côté quoi, ben, pour dire, je peux pas vraiment m'empêcher d'écouter ce qui se dit. Ça me rappelle l'époque de ma jeunesse où je venais m'asseoir dans le fond de la salle, seule, une bière et une clope, ouais j'étais pas encore à la vodka et à l'ecstasy, et je mattais chaque pignouf du kadie's, en écoutant ce qui se disait et je les coiffais tous au poteau quand je chopais un bon tuyau. Aujourd'hui, c'est une autre foutue pair de manches. Ça me laisse rêveuse. Hmm. Tellement que je fixe la bouteille de vodka, le regard dans le vide. Certains souvenirs, du moins pour ceux dont je me rappelle, refont surface. Pas bon. Mais la question de Dillinger me sort de ma léthargie. Perdition, hein ? C'est une bonne question. Je prends le temps de la réflexion. Comment je suis arrivée là ? Oh, assez simple dans le fond, pas assez crédible en l'état. Je tire longuement sur ma clope à en bouffer les trois quart, puis je fixe mon compagnon de comptoir droit dans les yeux, avec cet air un peu naïf que je viens de me découvrir, qui signifie en fait que j'ai pas trop envie de te répondre, mais je vais essayer d'être claire et assez significative pour que tu me lâche la grappe avec ça. Pas la peine de remuer le couteau dans la plaie une fois. J'ai pris une bonne résolution ce soir et elle ne sera pas plombée par cette nostalgie. Alors j'esquisse un nouveau sourire avant de soupirer et de lancer dans mon explication.

"Et bien... Comment je pourrais te dire ça, en étant assez brève mais pas trop pour que tu piges... Quand j'étais jeune, y'a genre une dizaine d'années. J'étais fougueuse et insouciante. J'ai grandis ici, alors Basin, je la connais comme le trou au fond de ma poche, j'en ai fais mon terrain de jeu. Seulement, à force, j'ai sombré dans une douce folie, à en devenir complètement psycho. Et ce bar, à subit mes plus mémorables crises dans le genre. Rien que d'y penser, je me dis que c'était le bon temps, un truc de dingue... Je fais une pause, histoire de le laisser voir un peu ce que j'étais avant, bien qu'on s'en tape, en fait. Je secoue machinalement la tête. Mais qu'est-ce qui te prend à parler de toi comme ça ? Enfin bref, je dois être en mode introduction de mon coming-out. Je reprends de plus belle. " Enfin bref, je suis devenue l'ombre de moi-même. Moi, Cassandra Lane, je me suis mise à coucher avec des flics, enfin, un en particulier et c'est à lui que je dois mon état actuel, enfin, futur ex-état actuel. Parce que crois moi ça va changer... J'ai certains plans en tête et... Et presque en tapant du poing sur le comptoir d'ailleurs, je commençais à m'écrier." Bordel ! Je vois pas pourquoi je te donnes tout ces détails, merde. Je sais même pas qui tu es en fait, enfin, si nominalement parlant, mais rien de plus. Je devrais même pas t'adresser la parole tiens. Et puis merde ! Je suis bien trop bavarde, vraiment pas mon genre de parler autant. Tu pourrais être un flic en fait. Merde ! Vlà que l'histoire pourrait se reproduire, hmm en fait non, t'as pas la gueule d'un flic... Pas comme l'autre lèche cul à côté.

Hmm, il était temps que j'la boucle un peu. Machinalement, ma main droite, la valide, tripotait l'un de mes shurikens que j'avais décroché de ma ceinture. Sans m'en rendre compte, je jouais avec un au dessus du comptoir. Nervosité. Si je voulais faire la fille un tant soit peu normale ce soir, c'était complètement loupé. Mais d'un côté ça me rassurait, j'étais toujours un peu moi au fond. Je souriais à nouveau.

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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeDim 27 Fév - 16:06

Okay, elle répond à moitié à côté, mais elle s'en tire pas trop mal. Elle a des plans en tête. Cassandra Lane est de retour dans le business, et j'ai rien foutu depuis des mois. Si même la plus paumée des sbires du mal qui hante ces rues se reprend, me laissant dernier à pioncer le nez dans mon whisky, j'ai du soucis à me faire. Il serait peut-être temps que j'arrête de déblatérer des sagesses sans valeur et que je commence à me bouger le cul. J'ai pas à trop m'en vouloir. C'est pas comme si j'avais connu la gloire avant de méchamment m'éclater la gueule sur le pavé. Mais je suis arrivé ici en n'était personne, et j'ai traîné ma croix sur la montée des marches du crime. Ça serait con de s'arrêter en si bon chemin. Je décide de prendre la résolution la plus importante de ces derniers temps. Faire un tour du côté du squat et jeter un oeil sur les contrats proposés. Mais pas tout de suite. La bouteille est encore pratiquement pleine, et je compte bien m'envoyer encore quelques verres avant de lever mon cul. Et puis, quelques clopes. Celle qui se crève d'elle-même entre mes lèvres finit de cracher ses volutes. Je l'envoie valser dans le cendar et m'en rallume une. Trois clopes d'affilée, c'est pas grand chose. Mais pour un type qu'a plus fumé depuis plusieurs un temps, y a de quoi faire tourner la tête. Et si l'alcool me fait rien, le tabac embrasé commence à me flanquer une envie de gerber. Tant pis, on fera avec. Il serait bon que je retrouve mon briquet. Je dois l'avoir laissé là où j'ai passé la nuit. Seulement, j'ai aucune idée d'où j'ai pu passer la nuit. Si c'est pas complètement con, ça... Et puis, y faudrait que je me trouve un appart, aussi, parce que l'endroit où je squattais jusqu'ici commence sérieusement à être envahi par les cafards, et vivre sans électricité, ça va un temps, et c'est pas avec les cinquante dollars que j'ai en poche que je vais me payer une chambre d'hôtel pour la semaine. On verra en temps voulu. Revenons en à l'alcool, aux clopes et au crime. Il serait temps de se remettre au boulot.

Cassandra joue avec une étoile de métal. Je savais même pas qu'on en fabriquait encore, de ces trucs là, de nos jours. Ça doit être une sorte de fétichiste, ou un truc du genre. Je dois avouer que plus rien m'étonnerait de sa part, ce soir. Elle flanque à l'atmosphère une électricité sans précédent. Nerveuse comme pas d'eux, ça devrait même pas être possible de retenir de tels spasmes sans exploser. Si ça devait m'arriver, ça serait trop m'en demander, loué soit mon sang froid.


- Me parler de plans sans m'en dire plus, c'est pas correct. Autant me chauffer à blanc et me laisser là sans me permettre de triquer, la queue encore en l'air.

Faudrait pas non plus la pousser à l'explosion. Lane a beau, de ses propres dires, ne plus être ce qu'elle était, faudrait pas tenter le diable. Alors je fais comme je peux pour la rassurer, si tant est possible.

- Allez, raconte. T'as rien à craindre, comme tu l'as dit, j'ai pas une gueule de flic.
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeDim 27 Fév - 22:34

Ba j'ai envie de dire qu'il va repartir penaud la queue entre les jambes, mais, c'est pas super correct, quoique, mais non, d'autant plus qu'il m'a l'air sympathique. Ce serait dommage de déjà l'envoyer bouler. Je m'attarde néanmoins sur mon shuriken. Dans quelle gueule l'envoyer ce soir ? Je l'ai pas décroché pour simplement faire mumuse, si ? Si la nervosité m'envahis, c'est parce que j'ai oublié de prendre mes cachetons avant de venir. Ce qui d'un coté n'est peut-être pas plus mal, je n'ai jamais été aussi lucide, aussi impatiente et surexcitée.

"Ceci dit, on peut ne pas avoir une gueule de flic et être quand même un flic.. Je marque une pause, pour me rallumer une clope. " Mes plans, mes plans, c'est une façon de paler... Je sais ce que je ferais quand le moment sera venu, et c'est pas vraiment pour tout de suite. Je vais juste essayer de me racheter une conduite, là, dans l'immédiat.

Le shuriken toujours en ma possession, je le fais machinalement tourner sur l'une des pointes sur le comptoir.

"Si tu vois ce que je veux dire... Et si la réponse ne te conviens pas... Faudra me torturer."

Ceci dit, il est vrai que mes plans ne sont pas tout à fait encore clair dans ma tête, comme tout le reste soit dit en passant. Mais le brouillard qui m'obscurcit les pensées depuis des mois commence à se dissiper, je crois. Je capte toujours la conversation d'à côté, la remarque de Syd me fait bien rire. Si les flics savaient quoique ce soit sur qui que ce soit, ça se saurait. Ils sont trop occupés à sauver leur cul d'poulet pour qu'ils s'intéressent un tant soit peu correctement aux gens qui grouillent dans les artères de cette ville. Je retourne à James. Je vois pas pourquoi je serais la seule à parler.

"Et toi ? Ouais, simplement, ca laisse un sacré panel de réponses, mine de rien.

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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeDim 27 Fév - 23:17

Ses doigts glissent sur l'étoile métallique tandis qu'elle la fixe avec une forme de passion. C'est à se demander ce qu'elle attend pour la prendre à pleine main et jouer du poignet, histoire de l'envoyer se planter dans le premier badaud venu. Le peu de raison qui semble se mouvoir en elle, peut-être.

Et la voilà qui évoque la torture. Faudrait pas trop me tenter, la proposition est alléchante. Mais on repassera. Après tout, j'ai pas grand chose à y gagner. Des informations qu'elle même n'a pas ? Vain. La propriété de son corps que je serais libre de détruire ? Vain. Tuer le temps ? Vain.

Mais elle me retourne la question, et j'hésite un instant. Après tout, je n'ai moi-même pas vraiment encore fait le point sur mes intentions. Et puis, je me dis qu'elle a été correcte avec moi. J'ai demandé, elle a répondu. Elle, si elle demande, d'une certaine manière, je me dois de lui répondre. Je vide un verre de Whisky et flanque ma clope fumante entre mes lèvres encore humides.


- Les trois P. Pognon, poudre, pouvoir.

Autant la faire courte. Seulement, je suis pas complètement con, je parle suffisamment bas pour que les oreilles qui traînent n'entendent rien de ce que ma bouche crache.

- Pour faire simple, Lane, disons que je compte... cette ville, là... je compte la prendre.

J'enlève un temps la clope de mes lèvres pour la glisser entre mes doigts, pour me permettre de parler plus librement.

- Je te rassure, je compte pas diriger cette ville, y a la mafia pour ça. Simplement cette ville est calme, et je m'ennuie. Alors peut-être qu'en réveillant cette ville... par la poudre, par le sang... peut-être que je m'ennuierai moins. Alors voilà, je vais... grimper l'échelle sociale du crime, grimper dans la hiérarchie, et venir titiller l'attention des flics. L'annonce des jours sombres.

Je reflanque ma clope à la bouche. La fumée qui me détruit la trachée, ça commençait déjà à me manquer.

- Ça devrait pas être trop compliqué. Les criminels, la mafia ou les putes feront rien pour m'en empêcher, au contraire. Un type qui vise à attirer l'attention des flics, ça peut être que profitable à leurs petites combines.

Et puis me vient la plus merveilleuse des visions. Je prend enfin conscience de ma vocation.

- Un terroriste. Purement et simplement ; un terroriste. Celui qui flanquera aux flics l'envie de pas quitter leur plumard au matin. Celui qui plongera les bons citoyens dans la peur, à la simple entente du nom interdit.

Et puis je me met à parler tout haut, mais plus pour moi que pour les autres. Lâcher les idées comme elles viennent, une sorte de débriefing rapide.

- Mais une telle entreprise ne peut se faire seul. Elle nécessite de l'organisation. Une organisation, un syndicat du crime. Basin redeviendra Sin City, et comme jamais je m'amuserai.


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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeLun 28 Fév - 0:33

Le transport et le climat du coin hein ? Il faut dire que Boris n'avait jamais vraiment côtoyé de climats variés, il n'a pas beaucoup voyagé dans sa vie, et cela ne le gênait pas vraiment ; même s'il avait toujours en tête de prendre sa retraite dans de belles îles avec sa femme et son fils - pourquoi pas aussi son petit fils ? Le climat de Basin n'avait pas l'air extrêmement différent de sa terre natale ; un argument de barman sans doute. Toujours est-il que celui-ci devait être pointilleux sur les réserves voire même les reliques. Il sortit la fameuse bouteille d'un recoin qu'il ne pouvait même pas voir ; le genre de recoin peut usité, le recoin qui faisait pas chier. Il lui posa directement la bouteille en face du nez comme pour dire "je sais pas comment tu dose, amuses toi." ; délicatesse ricaine pensait-il. Il agrémenta tout de même le geste d'un effort linguistique : et en plus il parlait son métier de manière universelle, il était vraiment bien tombé. Il leva légèrement la bouteille pour saluer cet effort mais le billet de cent boules qu'il glissa sur le comptoir serait, pour monsieur le barman, une salutation bien plus adéquate. Boris était venu avec de quoi dépenser ; petites provisions temporaires.

L'habitué d'à côté se mit à lui parler. Premier contact avec la population (qui ne se limitait pas à un échange commercial) et c'était même pas un pain dans la gueule : bons pronostiques pour l'instant. Il avait un petit accent du continent mais ça restait quand même d'outre manche, pas de quoi lui permettre d'établir des certitudes. Ses propos, par contre, confirmèrent ses origines européennes ainsi que ce sentiment que le climat et le transport n'étaient qu'un argument ad hoc. Et alors ? Il n'était pas chez lui ; les coutumes étaient différentes, point à la ligne.
Je ne suis pas très difficile, j'ai juste un mal de tête à soigner.
En parlant de ça : il ouvrit la bouteille et ce versa un petit fond pour commencer qu'il but cul sec (ça n'était de toute façon pas le genre d'alcool dont on se souciait du goût) après l'avoir discrètement levé à son voisin en l'honneur des phrases courtes. Le type se remit d'ailleurs à parler de ce Lee ; encore un cocu sans doute. Mais Boris préférait attendre de voir s'il était ou non un client.

Et puis d'un coup... un coup justement. Bien sure c'était le bordel dans le bar au vu du monde mais ce coup passa juste de ce qu'il fallait le seuil du remarquable en conséquence de quoi un sacré paquet de personnes tourna la tête vers la source, la plupart s'y détournant trop rapidement pour que ça ne soit pas bizarre. Le sang froid blasé, le visage strictement courtois, Boris fit comme le reste de cette masse grouillante ; tournant sa tête avec une lenteur toute pataude et flegmatique. C'était une petite brune au joli minois qui de toute évidence semblait avoir perdue son sang froid ou avait but trop de courage. Le niveau de la bouteille pourtant correct, Boris ne put s'empêcher cependant d'associer sa petite carrure à une petite endurance. Mais c'est surtout les détails frappant qui attirèrent son attention : une main ridiculement bandé et qui semblait avoir servit à dessein il y avait peu ainsi qu'une petite étoile d'acier ; une arme il va sans dire. Boris en avait d'ailleurs déjà vendu à un gangster excentrique qui c'était prit de passion pour l'arsenal nippon. Qu'à cela ne tienne, il pouvait tout faire venir du moment où ça servait à tuer. Le regard de Boris était figé - perdu pour dire vrai - dans un de ces moments où on oubli avoir des yeux, où on oubli regarder quelque chose. Il ne la regardait plus, où étaient ses yeux ? Il avait le visage totalement vide ; la tronche des frères Bogdanov aurait l'air plus humaine. C'était le genre de regard que seuls pouvaient avoir les gens qui avaient forcés sur l'exta, qui avaient prit des trucs pas clairs, qui avaient menés leur vie en marchant pied nu sur du fil barbelé. Le cerveau de Boris devait être une pièce de collection à ce moment : même Bouda avait pas dut réussir un vide pareil - Paris Hilton peut être.

Puis, comme s'il ne s'était absolument rien passé ; comme si cette fraction de temps n'avait jamais existé et que sa fin était confondu au début, il se resservit un deuxième coup et bu.
Pendant une seconde il pensa à son oncle - celui qui ne donnait plus de nouvelles - et puis il pensa à boire : somatisation du désir, il but sans s'en rendre compte. Prenons un malin plaisir à ne pas boucler la boucle... c'était ça l'effet Sin City ?
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MessageSujet: Re: Comptoir   Comptoir Icon_minitimeLun 28 Fév - 2:03

Mon regard le fixe un instant. Répondra, répondra pas ? Et si c'était le cas, je m'en foutrais un peu. Alors je le regarde un moment, le genre de mec qui laisse rien transparaître là, comme ça, depuis tout à l'heure, rien. Alors que moi, je suis le genre de gonzesse imprévisible, mais dans laquelle tu peux lire comme dans un livre ouvert. La musique fait danser les filles du kadie's sur la scène, je la trouve lancinante et me surprend à osciller la tête légèrement de droite à gauche tout en tortillant entre mes doigts fins l'étoile aux branches dangereusement pointues. Jusqu'à ce que j'entende la voix de James me sortir d'une quelconque rêverie. Je lâche le shuriken pour me resservir un verre de vodka et terminer tranquillement la clope qui se consume entre mes lèvres. J'aime bien le coup des 3 P. Surtout pognon et pouvoir. L'ambition que j'avais quand j'avais 20 piges. Un rêve de petite-fille, presque.

"C'est bien beau ça, mais c'est un peu ma ville quand même. Mais... Je suis pas trop jalouse...

Je retire ma clope, et attrape le verre de vodka que je vide, tout comme les autres, cul sec. Mais celui-là, il passe un peu de travers. Ca doit être le fait que James veuille s'approprier Basin. Ce que j'avais commencé à faire y a un temps ce que j'ai pas réussi à accomplir. Mais je vais la jouer fine, genre si j'étais vraiment sur les nerfs, peut-être que ce shuriken aurait pu lui être destiné. Mais je sens le regard d'un pilier de comptoir sur ma droite. Le vioc de popoc semblant pas spécialement choqué de mon poing sur le comptoir, je pensais pas avoir frappé si fort, moi, frêle petite chose, bref. Je détourne le regard et fixe Dillinger.

"Un terroriste ? Manquait plus que ça ici... Ah c'est sur ça foutrait une sacré ambiance dans les rues. L'idée est plaisante. Mais c'est sûr que tout seul... C'est faisable, mais autant avoir des pions...

Ma clope éteinte sans que je suis puisse en tirer une dernière taf je l'envoie s'écraser dans le cendar, légèrement amer.

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